Billetterie

Conversation secrète

The Conversation

de Francis Ford Coppola , États-Unis , 1974

Harry Caul (Gene Hackman) est seul au milieu de la foule. Il enregistre le dialogue d’un couple pour le compte d’un de ses clients. Il est l’un des meilleurs dans son métier : écouteur professionnel. Une sorte d’espion qui capte les conversations les plus secrètes. En écoutant les enregistrements chez lui, il découvre un complot meurtrier…

 

CONVERSATION-SECRETE

 

Francis Ford Coppola commença à travailler sur Conversation secrète dès 1967. Et c’est grâce au succès du Parrain en 1972 qu’il réussit finalement à imposer ce projet personnel.

Dans le milieu, Harry Caul est un des meilleurs « plombiers ». Il construit ses systèmes d’écoute et espionne pour le compte de ses clients. C’est son travail, pas davantage. Il s’est toujours tenu en marge de la société, et ça lui convient. Jusqu’au moment où la situation lui échappe : oubliant sa propre déontologie, il s’intéresse à une affaire en cours. Serait-ce pour lui le moment d’agir, et finalement d’interagir avec le monde ?

Sorti quelques mois avant la démission de Richard Nixon, Conversation secrète fut synchrone avec le dévoilement du Watergate. Les écoutes de la Maison-Blanche passionnent, et en même temps inquiètent l’Amérique. L’heure est à la paranoïa et à la théorie du complot. Pour cette histoire kafkaïenne, Coppola prend comme modèle Hal Lipset, détective privé de San Francisco, qui s’illustrera bientôt dans l’analyse des bandes sonores de la Maison-Blanche. Mais alors que la mode est au combat d’un héros, seul contre une force aliénante et invisible, le cinéaste choisit ici un homme névrosé, retiré du monde, un solitaire qui ne fait plus confiance à personne.

La mélancolie imprègne ainsi tout le film, Harry Caul traînant sa silhouette de paumé et son imperméable défraîchi. Avec une mise en scène virtuose (le film recevra la Palme d’or à Cannes en 1974), Coppola installe une ambiance de malaise, d’angoisse, que vient parachever une entêtante musique jazzy. Dans cet univers clos, minéral, la bande son (signée Walter Murch, homme clé du film) perturbe jusqu’au malaise.

« Servie par l’interprétation exceptionnelle de Gene Hackman, la mise en scène construit au sein du quotidien le plus banal une étrangeté confinant à l’épouvante, par l’interaction inédite entre l’image et le son, par la progressive transformation de l’enregistrement du réel en graphisme presque abstrait. Ce sont les choix stylistiques qui racontent l’évolution psychique du personnage et simultanément suggèrent le passage insensible de la description du monde à l’invention d’une fiction autiste. […]. Conversation secrète annonce ces « films de dénonciation » qui vont s’en prendre à l’emprise étatique sur la vie des personnes et au danger de la technique, qu’illustreront bientôt les beaucoup plus conventionnels Les Hommes du président ou Les Trois Jours du Condor. À rebours de ces « fictions consolatrices », Coppola maintient une indécision infiniment plus troublante, et donc plus démocratique, que le règlement de compte du vieil individualisme américain avec l’État, profitant du Watergate pour ressusciter les cowboys. » (Jean-Michel Frodon, Le Monde, 25 octobre 2000).

Conversation secrète (The Conversation)
États-Unis, 1974, 1h54, couleurs (Technicolor), format 1.85

Réalisation & scénario : Francis Ford Coppola
Photo : Bill Butler
Musique : David Shire
Montage : Richard Chew
Montage sonore : Walter Murch
Décors : Dean Tavoularis, Doug von Koss
Costumes : Aggie Guerard Rodgers
Production : Francis Ford Coppola, Fred Roos, The Coppola Company,  American Zoetrope, Paramount Pictures
Interprètes : Gene Hackman (Harry Caul), John Cazale (Stan), Allen Garfield (Bernie Moran), Frederic Forrest (Mark), Cindy Williams (Ann), Michael Higgins (Paul), Elizabeth MacRae (Meredith), Teri Garr (Amy), Harrison Ford (Martin Stett), Mark Wheeler (le réceptionniste), Robert Shields (le mime), Phoebe Alexander (Lurleen), Robert Duvall (le directeur, non créd.)

Présentation au Festival de Cannes : 22 mai 1974
Sortie aux États-Unis : 7 avril 1974
Sortie en France : 5 juin 1974

DCP VOSTF inédit, fabriqué spécialement pour le festival par Pathé.
Distribution : Pathé

 

Séances
Icone Billet 17ACHAT lu 14 21h - Comœdia
En présence de Jean Ollé-Laprune

Icone Billet 17ACHAT  me 16 20h - Saint-Genis-Laval
En présence de Samuel Blumenfeld

Ve 18 à 19h30 - Amphithéâtre du Centre de Congrès
Après la remise du Prix Lumière 2019, en présence de Francis Ford Coppola

Icone Billet 17ACHAT di 20 14h30 - Lumière Terreaux

En présence de Amira Casa

 

 

 

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